28.05.2010
Education physique à l'école OU sport après l'école ?
A l'heure où les allemands nous envient, (Rythmes scolaires : quand l'Allemagne vante le modèle français - "Le Monde") notre ministre Luc Chatel fait le chemin inverse en copiant le système allemand. Dans un contexte de réduction budgétaire, on peut s'interroger sur d'une part la faisabilité du dispositif (sauf à reporter une fois encore la charge sur les collectivités territoriales) et d'autre part sur l'impact bénéfique pour les élèves. Eveline Charmeux sur son blog replace parfaitement le sujet dans le contexte éducatif global (Le sport l'après-midi ou l'E.P.S. à l'école, c'est pareil ?)
La volonté des gouvernements de droite de remplacer l'enseignement de l'éducation physique et sportive par une animation sportive et de sortir celle-ci de l'école ne date pas d'hier.
Dès 1972 Joseph Comiti, secrétaire d'état chargé de la jeunesse et des sports déclarait « Mon raisonnement était qu’il fallait en partie sortir la pratique physique de l’école ». Il créa les Centres d'Animation Sportive (CAS) qui furent un échec (J.-L. Martin, Histoire de l’éducation physique sous la Ve République - 1969-1981 et Histoire des méthodes - Les Centres d’animation sportive). En 1977 Jean-Pierre Soisson remplace les CAS par des Services d'animation sportive (SAS) et propose en 1978 un « plan de relance de l’EPS » avec la suppression du forfait de 3 heures consacrées à l’Association sportive et le passage à 2 heures facultatives en espérant dissuader un pourcentage significatif de professeurs de conserver l’animation de l’association sportive dans leur service et, dans la mesure du possible, les inciter à accomplir cette mission en plus de leurs vingt heures de cours. L'arrivée de François Mitterrand à la Présidence en 1981 conduira au rétablissement du forfait de 3 heures d'UNSS et au rattachement de l'EPS non plus à la Jeunesse et aux sports mais au ministère de l'éducation nationale. Au-delà de l'aspect technique c'était la reconnaisance de l'impact éducatif de l'EPS au collège et au lycée.
Plus récemment Xavier Darcos a lui aussi contribué à sortir l'animation non seulement sportive mais aussi culturelle du cadre strict de la classe avec l' "accompagnement éducatif" en en confiant tout ou partie à des associations locales.
Il y a fort à parier qu'avec le non remplacement de deux enseignants d'EPS partant à la retraite sur trois, l'objectif soit de remplacer au moins partiellement l'enseignement de l'EPS par une animation extra-scolaire et pourquoi pas ensuite celui des arts plastiques et de la musique.
La faiblesse des moyens accordés risque toutefois de faire échouer l'opération ou au moins d'en empêcher la généralisation la réduisant alors à une opération de communication ... une de plus !...
A lire sur le même sujet :
Sport et école, le match nul - Slate.fr
Sport l'après-midi ! - L'humeur de Stéphane Guillon
Va y avoir du sport ! - Bah !? by CC
Pour Chatel va y avoir du sport à l'école - L'Humanité
Chatel teste le sport l’après-midi à l’école - Libération
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14:19 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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06.04.2010
Laissez-nous enseigner !...
Le journal "The Guardian" a publié récemment un article intitulé "Keep politics out of schools and let us get on with teaching, say professors" ("Laissez la politique en dehors des écoles et laissez nous continuer à enseigner, disent les professeurs").
L'intervention politique dans les écoles est «contre-productive et nuisible", écrivent 14 universitaires de premier plan dans une lettre au Guardian.
Les professeurs accusent les députés de tous les partis politiques d'élaborer des politiques de gestion étroite des programmes scolaires, des méthodes d'enseignement et des tests-élèves.
Avec à leur tête Michael Bassey, professeur émérite de l'Université de Nottingham Trent, ils appellent les politiciens à cesser l'ingérence dans les écoles, cesser de les politiser et au contraire rétablir la confiance dans les enseignants.
"Il est temps de donner la responsabilité première de l'enseignement aux écoles et aux collèges et ainsi de permettre aux enseignants de bâtir la confiance du public qu'ils méritent et dont ils ont besoin ... d'être avec des parents, les tuteurs efficaces des jeunes ..., dit la lettre . "Ce qui se passe dans les salles de classe ne doit plus être étroitement géré par le gouvernement, et ce indépendamment de qui gagne les élections."
Les universitaires appellent à la création d'un Conseil national de l'éducation, qui serait un organisme indépendant donnant aux écoles des conseils fondés sur la recherche de ce qui fonctionne dans les classes à travers le monde.
Si on en croit les écrits de Pierre Frackowiak "Piloter l'obéissance, un nouveau concept pour les inspecteurs ?" on prend en France le chemin exactement inverse de celui préconisé ci-desus.
Désormais, il faut obéir. Il est interdit de contester, de critiquer, de proposer. La loyauté, c’est l’obéissance. On le voyait arriver depuis 2007 avec la perspective de la société ultra libérale autoritaire dont la mise en œuvre se poursuit inexorablement, on ne pouvait pas imaginer que ce serait à ce point. Société de l’individualisme exacerbé, de la compétition, de la loi du plus fort, des gagnants. Avec un retour en force de l’idée de la fatalité de l’échec malgré tous les efforts qui sont faits. L’exemple de l’aide individualisée, la bonne conscience du pouvoir, en est une illustration qui a pu piéger bien des acteurs éducatifs de bonne foi.
Le premier devoir des inspecteurs sera donc de contrôler le respect du devoir d’obéissance. ... Il s’agit de former des citoyens obéissants et il vaut mieux commencer à la maternelle. ...
Ces mesures, parfaitement cohérentes avec les nouveaux vieux programmes et avec le déni systématique, idéologique, de la pédagogie, sont une nouvelle étape sur la voie du projet libéral. Au moindre incident, un coup de menton, un engagement solennel qui ne coûte rien, des instructions naturellement très fermes, des tableaux et des grilles pour hier, des feuilles de route pour demain...
... comment piloter l’obéissance ? ... c'’est très simple : il faut aller chercher les modèles militaires. « Allez, allez, contravention » ou suppression des primes ! ... On croise cette méthode avec celles du pilotage par les résultats chère au monde de l’entreprise et l’on a un système moderne en apparence qui accroit le nombre de victimes et les transforme en coupables,... Les pilotes ne sont-ils pas nécessairement au moins des adjudants ou des lieutenants ? N’ont-ils pas toujours raison et ne connaissent-ils pas tout ça par cœur ?
Mais qui a inscrit la liberté pédagogique dans la loi ? Qui a dit que l’éducation est synonyme de liberté, d’intelligence, de pensée divergente ? Qui a évoqué l’éducation de l’esprit critique, l’éducation à la responsabilité plutôt qu’à la vassalité ? Qui ose encore parler d’une école émancipatrice dans une société démocratique ?
Quand sortira-t-on de la torpeur ?
J’adore ce vers du poète hongrois G. Balynt : « Je m’indigne donc je suis ». Peut-être verra-t-on des boucliers non fiscaux se lever pour revendiquer le droit à l’indignation. Peut-être serait-il prudent de revendiquer le droit de penser.
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14:08 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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Chasse aux sorcières
La chasse aux sorcières continue dans notre belle république. Un gendarme est suspendu en attendant les sanctions pour crime de lèse majesté. Il a en effet écrit un poème pour prendre la défense du commandant Matelly radié de la gendarmerie et se retrouvant de ce fait sans salaire et sans logement !... (cf. mon dernier billet "Délit d'opinion")
Le poème est à lire ici "Chasse aux sorcières dans la Gendarmerie"
Ces hommes qui n'hésitent pas à braver l'autoritarisme du pouvoir et défendre leurs convictions sont un exemple pour notre jeunesse.
Petite modif de cette note le 6 avril pour faire référence au petit billet de "BAH !? by CC" : Liberté "surveillée" d'expression ?
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09:51 Ecrit par Moustachu dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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26.03.2010
Délit d'opinion
Y-a-t-il un délit d'opinion en France et existe-t-il une liberté d'expression en particulier pour les agents de l'état ? Deux affaires récentes tendent à montrer un durcissement très net des autorités.
La première concerne un enseignant du premier degré, chargé de mission au rectorat d'Orléans-Tour et tête de liste NPA dans le Loiret aux dernières élections régionales. Il a été demandé à ce professeur des écoles de changer de service et il devrait être mis prématurément fin à sa mission au mois de juin "afin de garantir toute la neutralité nécessaire au bon fonctionnement du service et laisser à M. Bois sa totale liberté d'expression". Il va saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et l'égalité (Halde). (Plus de détails sur Courrier des maires.fr).
La deuxième est nettement plus grave en ce qui concerne la sanction puisqu'il s'agit d'une radiation de la gendarmerie. Jean-Hugues Matelly, commandant de gendarmerie est chercheur associé au CNRS. L'objet du délit est cette tribune co-signée avec Christian Mouhanna et Laurent Mucchielli parue sur "Rue 89" : "La gendarmerie enterrée, à tort, dans l'indifférence générale
Le blog "La Science au XXI Siècle" s'interroge en ces termes :
La sévérité de la sanction prise à l'égard de Jean-Hugues Matelly pour une activité dans le cadre du service public de la recherche qu'il ne lui avait pas été interdit de mener à terme en tant que chercheur, contraste avec ce qui peut apparaître comme une grande tolérance de la part des plus hautes instances de l'Etat français en matière de mélanges institutionnels.
C'est ainsi que la Cour Européenne des Droits de l'Homme a condamné la France à plusieurs reprises pour cette raison, au titre des exigences de l'apparence d'impartialité et d'indépendance d'institutions comme la justice.
Mais dans ce cas, pourquoi une telle mesure à l'encontre d'un gendarme chercheur associé ?
Le site "Médiapart.fr - Gendarmerie: Nicolas Sarkozy radie un chef d'escadron pour délit d'opinion" parle de "première historique" ce genre de sanction étant habituellement réservé à des fonctionnaires condamnés sur le plan pénal.
Cette soudaine sévérité d'un pouvoir qui ne supporte pas la contestation est à rapprocher de celle qui frappe les enseignants "désobéisseurs" ou les directeurs d'écoles opposés à "Base élève".
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16:30 Ecrit par Moustachu dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17.03.2010
Enseignement du Latin en Grande-Bretagne (suite)
La parution aujourd'hui de deux nouveaux articles sur le sujet me pousse à compléter le billet d'hier.
Sous le titre "Boris Johnson lobbies Tories to add Latin to state-school curriculum (Boris Johnson fait pression sur les conservateurs pour ajouter le Latin au programme des écoles publiques)" l'article du Guardian explique qu'en plus de la pression sur ses collègues conservateurs, Boris Johnson a convoqué les chefs d'établissement à l'Hôtel de ville pour leur expliquer l'intérêt pédagogique de l'enseignement des langues anciennes.
Pour Johnson le Latin ne doit pas être l'apanage de l'enseignement privé, faisant remarquer que, entre 2-4% seulement des écoles publiques enseignent le latin contre 40% des écoles privées.
L'article du Telegraph s'intitule "More state schools 'should teach Latin' (Plus d'école publiques devraient enseigner le Latin)". L'auteur précise que pour les experts c'est le temps scolaire qui ne permet pas cet enseignement. Une enquête auprès des enseignants fait aussi état de l'insuffisance de moyens et du manque de professeurs compétents.
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17:36 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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16.03.2010
Enseignement du latin - Politique d'un âne intergalactique
A l'heure où la réforme des lycées en France va immanquablement conduire à une marginalisation voire à la disparition de l'enseignement des langues anciennes, c'est une tribune du maire de Londres, Boris Johnson, qui a retenu mon attention. Sous le titre "Cette folie au sujet du latin qui me donne envie de pleurer de colère", il dénonce la politique actuelle du travailliste Edward Balls concernant l'apprentissage du latin, le qualifiant d'âne intergalactique.
Comment pouvons-nous comprendre notre monde sans comprendre d'abord l'Antiquité, demande Boris Johnson.
Une phrase à méditer pour nos gouvernants qui ont aussi réduit de manière drastique l'enseignement de l'histoire au lycée. Etonnant que cette leçon nous vienne d'un anglo-saxon dont les idées politiques sont normalement plutôt proches de celles de notre gouvernement.
Ce n'est rien moins qu'une catastrophe alors que cet homme est toujours théoriquement en charge de l'éducation, la science, les bourses d'études et d'apprentissage dans ce pays. Il risque de défaire l'excellent travail de son prédécesseur, Andrew Adonis, il est tout simplement dans l'erreur. Bien entendu, tous comptes faits il n'y a pas beaucoup de classes de latin dans le secteur public. Ce sont seulement 15 pour cent des écoles subventionnées qui proposaient cette matière, contre 60 pour cent des écoles payantes. Mais dire que "très peu" veulent étudier le sujet, dire qu'il n'y a pas la demande pour le latin - ça me donne envie de pleurer de rage. La demande est énorme et elle l'est de plus en plus ...
Il ya un appétit pour la langue elle-même et, grâce aux efforts d'un petit nombre d'organisations et de bénévoles, le latin fait son retour dans le cursus d'études. The Cambridge Classics projet a effectué une étude de 2008 qui a révélé que pas moins de 500 écoles secondaires ont commencé à enseigner le latin dans les huit dernières années. C'est là une chose fantastique. Ces écoles méritent d'être soutenues.
En fait, alors que les britanniques essayaient, puisqu'il faut semble-t-il parler au passé, de faire rattraper le retard des écoles publiques sur les écoles pivées, notre ministre pourrait bien creuser un fossé entre le public et le privé à l'avantage de ce dernier réservant ainsi la culture à une classe de privilégiés. Pour compléter ce billet, je vous renvoie à trois autres articles sur le sujet :
Grec, Latin : informez-vous, Monsieur Descoings !
L’agonie du latin et du grec dans l’enseignement public !
Le grec en banlieue, c'est possible
et bien entendu à l'article original du "Telegraph" "This lunacy about Latin makes me want to weep with rage" car, n'étant pas anglophone, ma traduction est certainement très imparfaite.
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15:55 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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09.03.2010
Langue, orthographe et identité française
C'était hier la journée de la femme mais deux journaux, peut-être à l'approche de la journée internationale de la francophie du 20 mars, ont choisi de traiter de la langue française et de ses liens avec l'identité française sur laquelle un débat initié par notre gouvernement a défrayé la chronique il y a peu.
Avant de parler du point de vue de Claude Hagège, professeur émérite au Collège de France paru dans "Le Monde" sous le titre "Identité nationale et langue française" et de celui de Christine Baron Maître de conférences, université de la Sorbonne nouvelle Paris-II dans "Libération" intitulé "Et si l’orthographe était notre identité?" je ne peux m'empêcher de faire mention de la question écrite du député de l'Eure au ministre de l'éducation nationale parue au journal officiel le 16 février dernier :
M. François Loncle indique à M. le ministre de l'éducation nationale que l'actuel Président de la République française semble éprouver maintes difficultés à pratiquer la langue française. Il multiplie les fautes de langage, ignorant trop souvent la grammaire, malmenant le vocabulaire et la syntaxe, omettant les accords. Lorsqu'il s'exprime en public, le Président de la République croit judicieux de maltraiter, volontairement ou involontairement, la langue française et il s'aventure parfois à employer des termes et formulations vulgaires. Afin de remédier sans délai à ces atteintes à la culture de notre pays et à sa réputation dans le monde, il lui demande de bien vouloir prendre toutes les dispositions nécessaires pour permettre au Président de la République de s'exprimer au niveau de dignité et de correction qu'exige sa fonction.
Quand cet honorable député parle d'atteinte à la culture de notre pays et à sa réputation dans le monde, on est en plein dans le sujet.
De la même manière, Claude Hagège dénonce :
... l'idéologie dominante se contente de camper sur les positions acquises par le français dans le monde, ou même les affaiblit : très souvent, on réduit le nombre et le budget des services culturels français, au moment même où des pays ... multiplient partout les instituts : Goethe pour l'allemand, Cervantès pour l'espagnol, Camões pour le portugais, et surtout Confucius pour le chinois
L'oubli du rôle de la langue dans la définition de l'identité nationale s'accompagne, logiquement, de l'absence de l'Etat face au déferlement d'une langue qui porte une autre identité : l'anglais. Aucun contrôle officiel ne vient contenir ce déferlement, favorisé par l'idéologie libérale, qui ouvre un vaste champ à l'américanisation du français dans tous les domaines. Ce phénomène, ... revêt en France un aspect d'autant plus caricatural, ... que ce pays est celui-là même qui s'est très longtemps distingué par sa conception de la langue comme objet d'une politique concertée.
Les pays francophones comprennent mal que la masse des Français n'aime pas sa langue, et ignore l'OIF, où figurent le Québec, la Belgique, la Suisse, de nombreux Etats d'Europe et d'Asie. C'est la seule fédération bâtie autour d'une langue et offrant un autre choix face à l'anglais. Car avec ce dernier, le français, bien que moins riche en locuteurs que l'espagnol ou le portugais, est seul à partager un trait capital : la présence sur les cinq continents.
et conclut :
Il faut que l'école souligne fortement la capacité du français à exprimer à lui seul tous les aspects de la modernité. ... Cette place éminente de la langue française dans l'identité nationale est totalement compatible avec la construction européenne, et avec l'affermissement de la présence de la France parmi les puissances économiques d'aujourd'hui. Il est grand temps d'en convaincre les Français et le monde.
Christine Baron est sur la même longueur d'onde tout en se situant dans l'espace plus restreint de l'orthographe :
La grande absente du débat sur l’identité nationale fut sans doute la langue, et plus encore la langue écrite et la manière dont nous la pratiquons (ou la malmenons) aujourd’hui.
Elle nous fait sourire
Dans une dictée, un enfant note à la place de la phrase prévue «Les poules sortaient dès qu’on leur avait ouvert la porte» l’énoncé suivant : «Les poules sortaient ; des cons leur avaient ouvert la porte.» C’est bien l’orthographe qui permet de rétablir le bon contexte, sans parler du niveau de langue.
Avant de conclure
Le refus de l’orthographe relève d’une sophistique. Il s’agit moins d’une attaque en règle que d’une indifférence généralisée. ... L’orthographe, en développant l’attention à la langue, affine la réflexion. Diverses traditions philosophiques ont marqué son caractère indissociable d’une pensée rigoureuse et juste. La récuser est moins se débarrasser d’une encombrante antiquité ou d’un formalisme inutile que liquider, avec la langue, la pensée elle-même. Et, puisqu’il est question d’«identité» dans un débat public où l’hystérie collective rivalise avec le manque de rigueur, écoutons ce que dit Calvino de notre rapport à la langue, et de la manière dont elle détermine notre identité, nationale ou pas : «Tout peut changer mais pas la langue que nous portons en nous, ou plutôt qui nous porte en elle comme un ventre plus exclusif et plus définitif que le ventre maternel.»
J'ai relevé hier aussi dans "La Libre Belgique" l'opinion d'un ancien professeur qui ne parle pas d'identité mais tout compte fait n'en est pas si éloigné dans son article "D’abord enseignant de la langue maternelle". J'ai noté en particulier ce paragraphe :
N’oubliez donc pas que tout enseignant est d’abord professeur de langue maternelle, quelle que soit sa formation. Il doit garantir un usage correct et sans cesse contrôlé de la communication linguistique, car tout passe par elle, rien ne lui est étranger. Autant la langue véhicule les subtilités de la pensée et les arts de la sensibilité, autant elle établit et sanctionne le droit et dit les théorèmes de la science ou de la mathématique. Sans elle, peu ou pas d’autonomie personnelle, d’accès serein à la pensée critique, de raffinements des mœurs, d’approfondissement lucide de la conscience. Et ce serait une grave erreur de penser que les jeunes élèves sont incapables de saisir confusément, dans le moment même de son énoncé, l’importance du rapport de la connaissance à la qualité du langage qui la signifie de façon particulière.
et sa conclusion :
Que la langue soit donc progressivement restaurée dans son autorité fonctionnelle et l’on pourra prétendre à nouveau que la formation scolaire conduit a minima, pour tous et au-delà des connaissances spécifiques, à l’autonomie et à l’épanouissement.
Je vous souhaite une bonne lecture de ces trois articles en espérant ne pas avoir commis trop de fautes dans ce billet ;-)
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17:27 Ecrit par Moustachu dans France | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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02.03.2010
Accès des classes défavorisées à l'élite
L'accès des classes défavorisées à l'élite dans le système éducatif français fait toujours couler beaucoup d'encre.
Sur son blog "Gaïa Universitas" Rachel a écrit un billet intitulé "Démocratisation de l'accès aux masters des universités".
Je me contenterai de citer son introduction :
Ces derniers temps, on a beaucoup parlé de la démocratisation de l’accès aux formations des grandes écoles. C’est, à mon avis, un débat utile mais qui est fortement biaisé. En effet, l’attention est détournée de l’université qui pourtant joue ou devrait jouer un vrai rôle dans la démocratisation de l’enseignement supérieur. Tentons aujourd’hui d’examiner le rôle des universités dans cette démocratisation, et positionnons ce débat au niveau master afin de permettre quelques comparaisons avec les pratiques des grandes écoles (qui forment à bac+5).
et sa conclusion :
La démocratisation des formations longues à l’université reste à inventer !
en vous invitant à suivre sa démonstration à cette adresse : "Démocratisation de l'accès aux masters des universités"
De leur côté, Laurent Lafforgue et Michel Legal dans la rubrique "Le point de vue de" du journal "Les Echos" abordent le problème sous un angle original en faisant reposer la responsabilité de l'échec des enfants de pauvres sur le collège unique.
Choquées, indignées, écoeurées sont les belles âmes par la déclaration de Pierre Tapie mettant en garde contre la baisse de niveau qu'entraînerait un quota de 30 % de boursiers à l'entrée des grandes écoles.
...
Hormis cela, la question est de savoir pourquoi les enfants de pauvres ne parviennent plus à se hisser vers un enseignement supérieur d'excellence, alors que c‘était le cas jusque dans les années 1970, où il n‘était nul besoin de quotas pour obtenir des statistiques incomparablement meilleures qu'aujourd'hui. La réponse a trois versants : collège unique, réussite de tous et objectifs de réussite au baccalauréat.
...
Dans tous ces quartiers difficiles, les bons élèves sont laminés par les plus faibles, qui, submergés par leurs difficultés, font sans cesse reculer le niveau des attentes des enseignants, et tirent en arrière des classes entières, des établissements entiers. Mais c'est sur ceux-là que se règlent les programmes car le souci du ministère est d'obtenir coûte que coûte un certain taux de réussite au baccalauréat. Il y a quelques décennies, les bons élèves pauvres étaient entraînés à l'exigence et accédaient en bon nombre à des enseignements d'excellence qu'ils étaient parfaitement capables de suivre.
...
Le ministère et ses belles âmes ne l'entendent pas de cette oreille et imposent la « réussite de tous », c'est-à-dire de personne. Chaque année, les programmes sont allégés et le niveau n'en finit pas de baisser, entraînant dans sa chute tous les enfants pauvres doués pour les études, en ne les éduquant pas dans le désir de perfection, d'effort, de travail et d'exigence vis-à-vis de soi.
...
Comme pour afficher son irresponsabilité, le gouvernement se vante d'avoir imaginé sa réforme en écoutant les préconisations des enfants. Il tente un rééquilibrage en cherchant à supprimer la réputation d'excellence de la filière S. C'est vouloir éliminer la dernière petite chance que les pauvres pouvaient encore saisir pour échapper au massacre
...
Que des filières sélectives dès le collège représentent la seule chance de justice sociale, les gouvernements refusent obstinément de l'admettre. Mais c'est justement dans de telles filières que les enfants pauvres dotés de bonnes capacités scolaires peuvent améliorer encore ces capacités, être stimulés, se cultiver davantage, chercher au fond d'eux-mêmes de nouvelles ressources et parvenir à l'excellence. Tout cela, contrairement aux autres, ils ne peuvent l'acquérir qu'à l'école.
...
C'est parce que toutes les réformes, du collège unique de 1975 au lycée unique de 2009, ont été programmées pour éradiquer toute exigence à l'école, que les enfants de familles défavorisées ont été chassés de l'enseignement supérieur d'excellence.
Je vous invite à lire l'article dans son intégralité en cliquant sur "Comment on empêche les enfants de pauvres d'accéder à l'élite".
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08:34 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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01.03.2010
L'éternelle question des religions et de l'école
Mon voyage dans la presse en ligne et sur les blogs de ce matin m'a conduit sur le site belge "Enseignons.be" où deux articles parus hier traitaient des incidences sur l'école de la (des) religion(s) mais aussi des sectes et de la morale. Le premier article traite de l'Islam radical à l'école et fait référence à un reportage de la RTBF le 20 janvier 2010 dans une école qui accepte le port du voile intitulé "Le voile, juste quelques mots dans le Coran...". L'auteur de "L’école et l’Islam radical" pose le problème de l'adéquation entre un certain prosélytisme religieux et "les valeurs fondatrices de nos démocraties, respectueuses et tolérantes."
Toutefois ce genre de question ne concerne pas uniquement l'Islam radical et le second article a pour titre : "Peut-on être à la fois professeur de morale et Témoin de Jéhovah?". Ne peut-on pas se poser la même question pour le prof de philo en France ? J'en ai connu une (catholique fervente) qui faisait, en cours, campagne contre l'avortement. Toutefois cela reste marginal et il faut admettre que dans l'école publique la quasi totalité des enseignants (quelles que soient leurs convictions religieuses) sait rester dans le strict respect de la laïcité.
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14:32 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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28.02.2010
Vie de doctorant - Simple lien
Sur son blog "C'est classe!" Véronique Soulé publie la lettre que Klara Boyer-Rossol, 28 ans, en quatrième année de doctorat à Paris VII, a posté à Valérie Pécresse.
Le début de la lettre donne le ton :
"Madame la Ministre, je me permets de vous écrire afin de vous adresser mon témoignage sur la condition actuelle des doctorants en France. Il est précisément 22 heures 30. Après une journée de travail à temps plein, un travail alimentaire il va sans dire, je commence la deuxième partie de ma journée: mes activités de recherche".
Je me contenterai d'un simple lien vers cette lettre que je vous invite à lire ainsi que, sur le même sujet, la tribune du secrétaire général du Snesup que se trouve en fin de billet, en cliquant sur "Madame la ministre, je ne suis qu'une doctorante parmi tant d'autres...".
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07:43 Ecrit par Moustachu dans Recherche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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08.02.2010
Liberté - PRIVILEGIES - Fraternité
Mon billet précédent faisait référence à un article du blog "Le vrai débat" intitulé "Liberté, DIVERSITE, Fratenité". L'écoute de France-Inter ce matin m'a donné le titre de la note de ce jour.
L'édito politique de Thomas Legrand de ce matin m'a plongé dans la consternation. Je savais que les chasses présidentielles avaient encore cours (une connaissance m'avait il y quelque temps envoyé des photos d'une chasse à laquelle il avait participé) mais je ne pensais pas que la Sarkozie pouvait aller si loin. Extraits de l'édito :
Vendredi dernier, se tenait à Chambord une chasse présidentielle organisée par le conseiller et ami du président, l’inénarrable Pierre Charon qui vient d’être nommé par Nicolas Sarkozy responsable de la chose avec pour mission d’en faire un objet d’influence et d’entretien de réseaux. ... Pierre Charon a réintroduit le faste qui avait disparu depuis longtemps, c'est-à-dire la présentation du tableau de chasse avec garde républicain en grande tenue et flambeau à la main. Tout le décorum le plus éculé, le plus clinquant le plus monarchique, le plus impérial, le plus déplacé pour ne pas dire le plus obscène est réhabilité. Tout ça bien sûr, dans la confidentialité et l’opacité la plus totale.
Ce qui est plus désolant c’est que Pierre Charon assume tout à fait (il le dit dans l’Express de cette semaine) d’en faire un instrument de réseau, de rencontre entre grands du pays. Sont invités des préfets, des ministres, des patrons du Cac 40, des diplomates et des grands flics aussi. On dit que Martin Bouygues, Serge Dassault, l’ancien procureur Yves Bot, le sans doute futur membre du conseil constitutionnel Michel Charasse y ont tirés quelques gibiers récemment. On s’y promet des rosettes, des pistons, des prébendes, des marchés…On y fomente des trahisons, des alliances…
Quel rapport avec l'éducation me direz-vous ? C'est tout simplement à rapprocher de l'article de la philosophe Elisabeth de Fontenay "Ecole, état, le retour de l'ancien régime?" dans lequel elle écrivait :
Et si, pour ne prendre que cet exemple, l’on continue à détruire les règles en quoi consistent, entre autres, les concours, nous reviendrons au système du piston, aux recommandations, aux pratiques occultes d’avant que ne soit créée, en 1945, l’École Nationale d’Administration : pour entrer à la Cour des Comptes, au Conseil de l’État, à l’Inspection des Finances, il fallait en passer par des entretiens avec les hommes du sérail.
On amuse la gallerie avec les quotas de boursiers, la diversité etc. et dans la réalité on construit un réseau de privilégiés destiné à bafouer l'égalité républicaine. De telles pratiques laissent pantois.
Je vous invite à lire l'article dans son intégralité en cliquant sur "Liberté, DIVERSITE, fraternité".
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15:22 Ecrit par Moustachu dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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06.02.2010
"Egalité républicaine" et "Diversité"
Le blog "Le vrai débat" sous le titre "Liberté, DIVERSITE, Fratenité" met en garde contre les effets pervers de la politique actuelle tournée frénétiquement vers la "diversité".
"Ils sont devenus fous ! Sous l'impulsion d'un pouvoir politique pétri de culture communautariste américaine, tout le monde se met à la "diversité" : les entreprises, les médias, les grandes écoles, les administrations, etc.
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Aujourd'hui, alors que le Medef, tout le CAC 40 et l'ensemble des ministres n'ont plus que ce mot à la bouche, dites-vous qu'il ne s'agit pas un instant de favoriser la mixité sociale ... Avec un avantage substantiel à la clé : en faisant, la main sur le coeur, la promotion de la "diversité", on se trouve une cause de substitution bien pratique, qui évite d'avoir à lutter contre les inégalités économiques et sociales.
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La diversité remplace donc progressivement le combat contre les inégalités, à l'instar de ce qu'ont vécu les Etats-Unis il y a 50 ans.
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Liberté, diversité, fraternité : serait-ce la nouvelle devise de notre pays ?
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Encore aujourd'hui, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand annonce qu'il songe à remplacer Patrick de Carolis à la tête de France Télévisions, afin de le remplacer par "un représentant de la France plurielle, nourrie par une véritable diversité culturelle".
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Autre exemple de cette folie furieuse de la diversité : les "labels de la diversité", créés par l'Etat en 2009 pour récompenser les entreprises qui "favorisent la diversité", entendez qui mettent en place des politiques de gestion de leurs ressources humaines adaptées à la discrimination positive.
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La France est sur une mauvaise pente, sous l'impulsion d'un pouvoir politique fasciné par la discrimination positive ...
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Alors qu'elle se présente sous un discours jeune, coloré et moderne, la diversité à la sauce Sarkozy/CAC40/Sabeg/Bébéar (le créateur des labels de la diversité) est un formidable retour en arrière, ...
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Il faut prendre conscience de ce qui se joue en ce moment. Comme l'explique l'association SOS Egalité qui la combat, la discrimination positive ne pénalisera pas les milieux bourgeois et les enfants de la bourgeoisie : ceux-là auront toujours accès aux cours particuliers, aux bonnes filières et aux meilleurs établissements. Elle se fera violemment contre la masse des milieux populaires qui n'auront plus aucune chance d'accrocher les bons postes. Quant à ses quelques bénéficiaires, ils seront victimes, comme on l'a observé aux Etats-Unis, du soupçon de n'être "que le quota"...et une vie de quota, ce n'est pas non plus toujours drôle !"
Je vous invite à lire l'article dans son intégralité en cliquant sur "Liberté, DIVERSITE, fraternité".
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07:56 Ecrit par Moustachu dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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01.02.2010
Ajustement de l’enseignement supérieur aux normes de marché
C'est une tribune de Nicolas Gachon, maître de conférences à l’université Paul-Valéry de Montpellier, sur le site de "L'Observatoire Boivigny" qui a aujourd'hui retenu mon attention. Ce chercheur y fait le point sur les géostratégies des dispositifs d’enseignement supérieur.
"La plupart des institutions d’enseignement supérieur sont aujourd’hui engagées dans des processus d’ajustement aux normes de marché pour optimiser leur positionnement dans des espaces locaux, nationaux et internationaux de plus en plus concurrentiels. Cette particularité des interactions qui régissent la communauté universitaire internationale est en réalité accentuée plus que véritablement engendrée par la mondialisation, mais elle n’en induit pas moins des chaînes de micro ajustements locaux dont les implications en termes de gouvernance ont fait l’objet de travaux ciblés ces dernières décennies.
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Capitalisme universitaire
Plus récemment, des travaux se sont intéressés aux configurations systémiques des politiques d’enseignement supérieur, notamment en termes d’ajustement aux normes de marché, à l’heure de la mondialisation et dans le contexte d’une autonomie de plus en plus marquée des établissements d’enseignement supérieur, y compris dans les systèmes très centralisés, comme en France avec la loi d’août 2007 sur les libertés et les responsabilités des universités ...
Les enjeux économiques, politiques, sociétaux, liés à la recherche et à l’enseignement supérieur sont d’une importance telle que les Etats s’appliquent à conserver un pouvoir de pilotage des grandes orientations. Il en va de leur positionnement sur les différents marchés de l’économie du savoir, voire de l’économie de marché tout court comme en témoigne par exemple l’importance du volet recherche et développement du plan de relance de l’économie américaine initié par l’administration Obama suite à la crise de 2008.
... Les enjeux sont tantôt politiques, tantôt économiques, tantôt liés au développement, voire à l’importation ou à la reproduction de modèles existants. Dans un tel contexte, l’acquisition de parts de marché dans l’économie du savoir se fait moins par la négociation et la transaction que par la conquête pure et simple.
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Le modèle européen d’enseignement supérieur est politique
Il n’existe bien entendu aucun modèle parfaitement monolithique. Cela étant, les tendances en matière de dispositifs son aisément repérables. Ainsi, le modèle européen en matière d’enseignement supérieur est celui d’un espace politique en devenir, d’un système qui doit encore résoudre sa propre équation fondatrice.
... Ainsi, l’organisation de la licence en trois ans permet aux dispositifs nord-américains, où le premier cycle est de quatre ans, d’utiliser le pivot de la quatrième année pour envoyer en Europe des étudiants de premier cycle et d’attirer vers leurs institutions et leurs laboratoires des étudiants européens formés au niveau Master.
... Dès lors, certains systèmes, généralement ceux dont les préoccupations sont les plus politiques, se révèlent beaucoup plus vulnérables que d’autres sur les marchés transfrontaliers du savoir. Parfois contre toute attente. L’ajustement aux normes de marché, dans son acception conventionnelle, reste par conséquent fragmentaire et déséquilibré, y compris à l’heure de la mondialisation et d’une prétendue uniformisation des dispositifs, puisque les différents échanges sont généralement bornés de manière très hétéroclite, par exemple entre un dispositif dont les préoccupations sont majoritairement politiques et un dispositif répondant à des impératifs strictement économiques."
Je me suis contenté de reprendre les passages mis en évidence par l'auteur, je vous invite donc à lire l'article dans son intégralité en cliquant sur "Géostratégies des dispositifs d’enseignement supérieur".
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16:56 Ecrit par Moustachu dans Université | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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30.01.2010
Stratégie Microsoft dans l'éducation
Le 28 octobre dernier, j'avais publié un billet intitulé "L'hégémonie Microsoft dans l'éducation" dans lequel je montrais, au travers de quelques pages web, comment on pouvait se faire une petite idée de la manière dont Microsoft essaie de se rendre incontournable auprès des jeunes et des enseignants dans le cadre de l'école ou de l'université et par ce moyen maintenir son hégémonie.
Un récent article de "Framablog" vient compléter la démonstration et parle de statégie planétaire Microsoft. Dans ce très long article il explique tout d'abord ce qu'est le programme « Innovative Schools » qu'il compare à des poupées russes, car il s’insère dans le programme « Partners in Learning », lui-même intégré au programme « Unlimited Potential ».
"Toujours est-il que c’est dans le cadre du programme « Microsoft Partners in Learning », que l’on trouve le réseau des « Microsoft Innovative Teachers », enseignants cooptés en charge notamment de mettre chaque année en place dans leur propre pays des « Microsoft Innovative Teachers Forums », dont le point d’orgue est le « Microsoft Innovative Education Forum » où sont invités tous les lauréats des forums nationaux (en 2009 c’était au Brésil).
C’est également dans ce cadre que s’inscrivent les « Microsoft Innovative Schools ». Il s’agit d’investir un établissement scolaire et d’en faire une école pilote de l’innovation à la sauce Microsoft, en mettant là encore le paquet sur les moyens."
Après avoir exposé en détail "Le discours et la méthode" Microsoft, l'auteur conclut ainsi cette partie :
"Il me revient en mémoire cette citation extraite d’un billet sur la politique pro-active du Canton de Genève :
Dans sa volonté de rendre accessibles à tous les outils et les contenus, le « libre » poursuit un objectif de démocratisation du savoir et des compétences, de partage des connaissances et de coopération dans leur mise en œuvre, d’autonomie et de responsabilité face aux technologies, du développement du sens critique et de l’indépendance envers les pouvoirs de l’information et de la communication.
Pensez-vous que ces objectifs soient important et qu’ils aient toute leur place dans une « école du XXIème siècle » ? Si oui, alors ne comptez ni sur Microsoft ni sur ses enseignants sous influence pour sensibiliser réellement nos élèves sur ces questions pourtant devenues majeures aujourd’hui.
Autonomie et responsabilité face aux technologies, mais surtout sens critique et indépendance envers les pouvoirs, sont autant de thèmes qui ne font pas partie de la stratégie éducative de Microsoft. Et pour cause, ils risqueraient de dévoiler quelque chose que l’on cherche pernicieusement à cacher aux enseignants et à leurs élèves : le fait qu’une autre informatique soit possible, impliquant par là-même une autre pédagogie. Et, ne vous en déplaise, cette prise de conscience est déjà « innovante » en soi."
Il passe ensuite à la déclinaison française du programme.
"Je ne connais pas l’étendue du programme « Microsoft Partners in Learning » de notre beau pays. Mais pour avoir ici-même participé à lever certains lièvres par le passé, je puis toutefois émettre quelques solides hypothèses.
Les « Microsoft Innovative Teachers » c’est avant tout l’équipe du Café pédagogique. Ce n’est pas moi qui l’affirme mais le site officiel répertoriant pays par pays les membres de ce réseau d’enseignants. Lorsque vous cliquez sur « France », vous êtes automatiquement renvoyé sur la page d’accueil du Café.
Le Café est accompagné par l’association d’enseignants Projetice (lire à ce sujet Projetice ou le cas exemplaire d’un partenariat très privilégié entre Microsoft et une association d’enseignants), dont la création a, semble-t-il, été directement souhaité et suggéré par Microsoft."
L’école Châteaudun ou la « Microsoft Innovative School » de chez nous
Pour compléter cet impressionnant dispositif Microsoft, il ne manquait plus que « l’École Innovante ». Et c’est à l’école publique Châteaudun d’Amiens qu’est revenu cet insigne honneur, et ce depuis deux ans déjà."
L'auteur expose le contenu du projet et évoque les résistance "passives" et "actives" qu'il a suscité.
En guise de conclusion il cite des extraits d'un article de "Rue89" "Pour ses « innovations », l’Éducation nationale s’en remet à Microsoft" et en particulier :
"L’école en a, des profs « innovants », si l’on tient absolument à les appeler ainsi.
Non, ce n’est vraiment pas le désir d’inventer et de créer qui manque, à l’Éducation nationale.
Mais un prof qui s’entend dire qu’il devra accepter comme une condition nécessaire pour accéder aux moyens de mettre en œuvre ses projets de travailler avec telle entreprise privée, sous sa direction et dans son formatage, dans l’idéologie de ce que doit être l’école du XXIe siècle (sic) selon ladite entreprise, ce prof, dès lors, ne sent plus tellement en lui le désir d’« innover ».
Parce qu’il pressent qu’« innover » dans ces conditions impliquera qu’il abdique une part de sa liberté pédagogique au nom du modèle idéologique en question."
Pour lire l'article dans son intégralité cliquez sur "L'école Châteaudun d'Amiens ou le pion français de la stratégie planétaire Microsoft".
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18:50 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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29.01.2010
Plus d'un million de gauchers en primaire
Le 25 janvier dernier, un syndicat d'enseignants (SNUIPP) attirait l'attention de ses membres sur les problèmes des gauchers :
Aujourd’hui les élèves gauchers ne sont plus stigmatisés, ni contraints d’écrire de la main droite comme l’ont précisé des instructions de l’éducation nationale au BO n°1 du 14 février 2002.
Mais est-il suffisant de se contenter de ne plus contrarier ces élèves qui, bien que moins nombreux que les droitiers, représentent entre un et deux millions d’élèves au primaire ?
Ils évoluent dansun environnement qui ne leur est pas adapté, depuis les poignées de porte, les ciseaux jusqu’au sens de la lecture de gauche à droite ! Cela leur demande des efforts constants, des crispations physiques parfois importantes, voire des problèmes posturaux comme le signale le docteur Michel Galobardès.
Ce dernier se consacre depuis longtemps à ce problème (voir FSC 280) et il alerte sur la nécessité d’aider et d’accompagner ces élèves dans leurs apprentissages : ne pas les laisser se débrouiller, leur proposer des outils adéquats, les installer sur le côté gauche de la table, dans la rangée de gauche. Le cahier doit être décalé sur la gauche et penché vers la droite, les modèles d’écriture placés au-dessus de la ligne à écrire. Une observation attentive permettra de veiller au contrôle de la prise de crayon, de la position de la main et du poignet. Il reste qu’il est toujours difficile de trouver les ressources « pour adapter la pédagogie à la grammaire mentale »d’un élève gaucher.
Pour lire l'article dans son intégralité cliquez sur "Élèves gauchers : Des adaptations nécessaires".
Le site "lesGauchers.com" à partir du livre de Michel Galobardès «Comprendre et accompagner l'élève gaucher, éléments de pédagogie adaptée aux spécificités mentales et gestuelles», Hachette éducation 2007 (13,49€) fournit des préconisations pour les enseignants de l'école primaires
- Une meilleure compréhension de l'élève gaucher
- Les élèves gauchers seront recensés en début d'année scolaire.
- L'outillage spécialisé sera conseillé : ciseaux, taille-crayon et règle graduée.
- L'élève sera placé sur le côté gauche d'une table
- L'élève sera placé dans la rangée de gauche
- Le cahier sera décalé vers la gauche
et aussi quelques conseils utiles aux parents
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16:51 Ecrit par Moustachu dans Education - Enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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